Si vous êtes familiers de ce blog,
vous savez que Radiohead est le groupe que j’aime le
plus… détester ! Une précision utile pour les
autres, fans acharnés ou non, qui glisseraient par hasard
sur cette critique du septième album des Oxfordiens les plus
surestimés de la planète, maîtres dans
l’art de la prise de risque calculée et le jet de
poudre aux yeux. Critique objective toutefois : j’ai
l’album chez moi (j’ai sorti un euro symbolique pour
l’acquérir !), je l’ai écouté. Je
ne reviendrai pas sur le mode de distribution « inédit
» de ce disque : on n’a parlé que de cela, et
pas de musique, jusqu’ici. La question est : peut-on parler
de musique en évoquant Radiohead ? La preuve que oui
suit.
Tout d’abord, ce constat : In rainbows est nettement
moins mauvais que l’insupportable Hail to the thief,
pire album sans doute de la bande à Yorke. Il se laisserait
presque écouter sans trop d’irritation si ce dernier,
plus posé que de coutume au premier abord (quand il figure
un Wyatt du pauvre), ne retombait très rapidement dans ses
pénibles travers, pleurnicheries et hululements plus ou
moins contrôlés – Reckoner, où
Yorke se rêve Antony sans convaincre un instant, les
caricaturaux Jigsaw falling into place et
Bodysnatchers. Passons : avec le temps, j’ai
trouvé le moyen d’en rire !
In rainbows est un disque de producteur : celui de Nigel
Godrich avant d’être celui d’un groupe que
l’on peine à croire impliqué, tant In
rainbows frappe par sa mollesse, son innocuité. La
patte Godrich ? Un certain talent pour les variations de climats,
de couleurs, qui n’ont aucun mal à marquer plus
l’auditeur que des mélodies (?) vocales n’ayant
jamais moins bien porté leur nom. Dépouillement
plastique, raideur, sécheresse. Aridité souvent,
quand le groupe abuse d’une manière de soul music
mutante, plate et désincarnée : 15 step,
passé à l’émeri de breakbeats
piqués à Aphex Twin et Autechre (une tradition depuis
Kid A), Nude, qui voudrait ranimer Portishead ou
Massive Attack sur un mode electro mineur (trip hop pas mort ?
Mauvaise nouvelle !). Depuis Kid A, qui avait au moins le
mérite de rompre avec son aîné OK
computer (où les chansons avaient encore droit de
cité), Radiohead ne surprend plus, se complaît dans le
flou artistique, décline une recette usée (syncopes
rythmiques rebattues entre autres) qui provoque – au mieux
ici – l’ennui. No surprises ? C’est le
moins que l’on puisse dire !
Quant aux fameux arrangements de cordes signés Jonny
Greenwood, « la plus belle chose que le groupe ait produit
» selon eux (!!), parlons-en ! Ils font illusion durant le
bref et acoustique Faust Arp, car décalqués
sur ceux de Robert Kirby pour Nick Drake, plus du tout sur
Reckoner ou Jigsaw…, juste des nappes
transparentes. Un fumet très jazz folk anglais flotte
au-dessus des titres à peu près audibles : Weird
fishes/Arpeggi agite les cendres de l’école de
Canterbury (Soft Machine, Caravan & co.) mais ne produit
qu’une poussière blanche qui se dilue dans
l’atmosphère, certes moins chargée que
d’habitude. In rainbows, le premier disque
respirable de Radiohead ? Faust Arp ainsi n’est pas
désagréable (merci encore à Mr Kirby !),
All I need fait des efforts de tenue mais se casse les
dents au final. Confiné, le son Radiohead est moins nocif.
Mais pas plus captivant.
Bilan météo du mercredi 10 octobre 2007 : pas
d’arc-en-ciel en vue après les averses vocales, pour
cause de brouillard (musical) du matin au soir !
C’était prévisible,
non ?!
(La critique du Moon rock de Paul Steel va se faire un brin désirer : le disque sortant vraisemblablement début 2008, je ne vais pas trop tôt vous mettre l'eau à la bouche (allez écouter des morceaux choisis sur son site MySpace) ! Et cela me donnera le temps de faire le tour complet de ce chef-d'oeuvre qui ne se laisse pas si facilement apprivoiser ! Je vais aller en attendant me renseigner au sujet d'un certain Bryan Scary : merci pour le tuyau, cher correspondant !)


j'ai juste l'impression que tu as une dent contre radiohead et donc ton avis n'est pas du tout objectif.
en tout cas dans le genre musique pas commerciale du tout et un peu inaccessible (depuis kidA), radiohead moi j'adore !