AIR Love 2 / KINGS OF CONVENIENCE Declaration of dependence  (U.P.'s (yoopees) : les disques enthousiasmants du moment) posté le dimanche 11 octobre 2009 12:15

air, kings of convenience

Placée sous le signe de la dualité, chronique partagée (dans tous les sens du terme) des 2 albums de la semaine.

AIR tout d'abord. Love 2, sixième album du duo versaillais (je n'avais pas compté le superbe Virgin suicides), se devait de remettre les pendules à l'Air après un Pocket symphony tout juste passable, en étant indulgent. Do the joy s'en acquitte en 3 minutes acidulées. Bon début ! Love confirme sur le bout des lèvres en moins de 3 minutes (la concision leur va de mieux en mieux). Le premier pic du disque suit ce tandem de petites perles : So light is her footfall est un concentré classique du savoir-faire d'Air, une chanson douce où la voix sans effet de Jean-Benoît Dunckel fait merveille, un rêve de velours concis rejoint plus tard par le délicat Heaven's light, sur un mode encore plus... aérien, et le single Sing sang sung. Brièveté toujours : le ludique dyptique Be a bee et Eat my beat (maîtrise incontestable de l'allitAIRation) accélère le tempo avec malice, conduit par Joey Waronker à la batterie (unique intervenant extérieur), judicieusement réparti (4e et 10e positions) pour faire oublier les longueurs de Love 2. Car tout ici n'est pas rose. Placé après le très beau Missing the light of the day, titre qui manquait cruellement à Pocket symphony, le joli mais trop long Tropical disease illustre dans son final un problème désormais récurrent chez Air : sa gestion maladroite des fautes de goût (ici un solo de guitare superflu), auparavant parfaitement négociée (cf. 10,000 hz legend). Car Love 2 comporte aussi ses grands moments de solitude... Night hunter, You can tell it to everybody et African velvet (aux plates syncopes très... Radiohead !) redonnent ses lettres de mollesse à un genre tombé en désuétude depuis la fin du trip-hop : la musique d'ascenseur ! Ce n'était pas indispensable. Bilan : Pocket symphony était aux 2/3 raté, Love 2, bien moins monotone, est à 1/2 réussi. C'est mieux ! www.myspace.com/intairnet

Quel plaisir de retrouver les KINGS OF CONVENIENCE ! D'autant que Declaration of dependence nous les rend comme neufs : rien n'a bougé dans le décor et c'est tant mieux ! Le duo formé par Erlend Oye et Eirik Glambek Boe, Norvégiens comme leurs noms l'indiquent, offre aux impatients 13 chansons qui ont de quoi calmer les plus nerveux d'entre eux. Mélodies lumineuses, guitares légères livrées le plus souvent à leur seule agilité (un piano par ci, un alto, une contrebasse par là, à peine), voix douces et jumelles : la formule est inchangée. Les moments de grâce abondent : Me in you, Freedom and its owner, Boat behind, évoquant le songwriting d'un Michael Head (Pale Fountains, Shack), la bossa boisée de Mrs. Cold, le final Scars on land... Je pourrai citer chaque chanson de ce disque au charme discret, addictif, digne des plus simples réussites de duos 60's à la Simon & Garfunkel ou Chad & Jeremy. Ce qui n'est pas un mince compliment ! Avec peu, les Kings Of Convenience font beaucoup. On parle souvent d'artisanat pour qualifier l'oeuvre des maîtres ès chansons tendres et guitares en bois. Les Norvégiens l'élèvent ici au rang d'art majeur. www.myspace.com/kingsofconvenience

En bref : art majeur et Air mineur. Faites votre choix ! Ou ne choisissez pas !

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